L’entremise

Si vous voulez vous épargner la lecture de ce petit pavé, ma secrétaire de direction, Madame Sgreumfreunsch, le lit pour vous ci-dessous.


J’ouvre des dessins drôles à l’aide de crayons de couleur sur du papier gros grain — et note des pages pour quelque chose — je ne sais trop quoi. Savez-vous que je ne sais plus où j’en suis ? – Jacques Vaché


L’OuJoPo, acronyme augmenté d’Ouvroir de Joie Potentielle — et référence sans vergogne à de glorieux aînés — a été le nom d’une galerie d’art lyonnaise dont je fus le moyen chambellan épuisé, et dont il me reste un souvenir demi-joyeux ; et cet intitulé.


(Je confirme de biais, mais je confirme : un galeriste, ça rigole quand ça se brûle.)


OuJoPo, c’est ma marque. Et, aussi concon qu’elle soit, je dois d’abord lui reconnaître qu’elle reflète assez l’investissement qui est le mien en général, et en particulier dans tout ce qui touche aux arts, aux lanternes magiques, aux cathédrales de Chartres et aux calendriers, comme à la cuisson des endives — et, bout à bout, à la vie comme elle va, quand elle veut bien aller. Autodidacte, je me démène depuis mes dernières poussées d’acné et mes premiers poils au dos pour me bricoler des « humanités » que je n’ai pas eu le loisir de faire dans les temps impartis : je dévore les classiques, je baisse le museau, et j’apprends, et j’admire benoîtement : dans la joie. Mais j’aime assez cependant — et me sens plus à l’aise dans — le côtoiement des œuvres plus délaissées, mal famées, des seconds couteaux et des voies traversières, les œuvres trapanelles qui zigzaguent comme en l’air et laissent un temps leur guingois à l’âme, et une petite phosphorescence qui reste après qu’elles sont passées. J’aime la littérature et le cinéma de genre, de mauvais genre même, et jusqu’à quelques infréquentables — et n’adhère d’ailleurs que par bon alignement astral aux grandes œuvres que l’histoire de l’art nous donne à considérer comme jalons. J’ai mes phares dans la nuit, à moi. Certains boitent, certains clochent : « quelqu’un rit, l’autre obstacle » (*)

J’écris d’ailleurs, à mes heures, avec le plus grand sérieux, des romans de gare foncièrement débiles. J’en parlerai probablement ici, mais secondairement, je parlerai aussi de mes lectures, de poésie, de polésie, de l’eau de cuisson des endives peut-être, mais pas d’abord, parce que ce site est conçu comme l’arrière-boutique, le stock, la raison sociale d’une chaîne YouTube intitulée OuJoPo elle aussi. Et celle-ci sera toute ma moelle pour les mois à venir. J’entends y tenir la greffe filmée d’un journal de chantier, d’un work in progress, comme on dit par chez nous les kékés, mais fictionné et bonimenteur, parce que j’ai la passion du mensonge et du boniment, du numéro de claquettes. Il y sera question de musique — de musique de genre en tout cas —, de pop d’art et d’essai, de gloriole passée, et de pactes signés avec du jus de boudin.


Je peux m’engager, solennellement, à la réalisation d’une vidéo par mois, pas plus ; à ma pleine réalisation, pas moins ; et à autant de petits billets, dessins et shorts qu’il y en aura pour me passer par la tête. En somme, je ne promets plus grand-chose, et je sais qu’au possible non plus nul n’est tenu.


J’ai relu et reporte ici la page « à propos / contact » du site de la galerie OuJoPo. Ouvrez les guillemets :


Ma programmation est en construction et le restera probablement tant que je durerai. Les plasticiens que j’approche, et ceux qui sont déjà chez eux chez moi, ont la particularité soit d’être réfractaires à tout effort de taxonomie, soit d’être indûment subsumés à une ligne, à une école comme espèce, dont, à mon sens, ils éclatent les contours, et, in fine, les coutures. Tant mieux encore : je n’ai pas l’ambition de me faire un créneau sur la légende d’une expertise stylistique. Je veux juste que ce soit fort et singulier. Déjà parce que les expos, c’est moi d’abord qui vis dedans.


Mon ambition, c’est de travailler longtemps avec — et pour quand il le faudra — des artistes que j’admire et dont j’espère mériter la confiance, mais aussi de rester ouvert, ne serait-ce qu’en réservant des cases vides dans ma programmation, pour des « premières fois », des expos collectives, des cartes blanches… L’esprit qui m’anime se dispensait a priori, et se dispense encore plus a posteriori, de ménager de la place à des emmerdeurs, des Greta Garbo, et, d’une manière générale, à tous ceux qui se sentiraient d’avance fondés à tirer la couverture à eux.
Mais, en vrai, ma seule ambition, c’est de durer, et je ne m’en prévois pas d’autres d’ici à lurette.

Fin de citation.

À cette déclaration d’intention de juin 2011, aujourd’hui, je ne changerais que peu de mots. Et j’en termine ici comme j’ai commencé, avec des mots de Monsieur Jacques Vaché :

Sera umore celui qui sentira le trompe-l’œil lamentable des similisymboles universels.

Bien à vous,

LS

P.-S. Vous pouvez me contacter à l’aide du formulaire ci-dessous et inscrire votre adresse à la newsletter faisant mensuellement réclame des activités de la maison OuJoPo.

(*)Henri Michaux : La ralentie



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