
Antiques
Finalement cette année 2026 où j’aurais enfin lu besogneusement la somme presque monumentale de « La recherche du temps perdu » restera probablement celle où j’aurais dévoré Balzac. Pour compenser. Pour avoir un peu d’air, des nerfs enfin, du mordant et une vision synthétique, transversale et sans œillère d’un état du monde – d’un monde pas si lointain. Et puis pour côtoyer des personnages qui ne soient pas des emplois rudimentaires et coquets.
« Le cabinet des antiques » est un drame noué et presque dénoué théâtralement, mais surtout une étude de mœurs au cordeau dans une province de fait à l’écart et favorisant pas là les incubations d’un siècle sismique. La vieille noblesse ayant survécu à la révolution est confrontée à la pauvreté et autant à la noblesse d’empire qu’à la bourgeoisie d’affaire qui tient désormais le pays. La classe déchue de se remet pas d’être vaincue et se tord le cou pour être plus vaincu encore. Le tableau est saisi à traits vifs et Balzac, non par omnipotence, mais par empathie, y adopte tous les points de vues et toutes les perspectives. On retrouve de beaux portraits fugaces, on croise Rastignac et le juge et son ambitieuse épouse de la toute fin de « splendeur et misère des courtisanes ». On est à la maison.






