Recording session

J'ai gambergé très en amont mon dispositif d'enregistrement audio et me suis assuré d'avoir le minimum vital de compétences et de matériel pour un rendu au moins proprement exploitable. Mais, comme pour tout ce que je touche, je n'ai pas réussi à prévoir tout ce qui était pourtant prévisible. Et qui clignotait et lancinait de loin, même.
Pour la captation de mes parties de guitare, je n'ai pas trop à me blâmer, au contraire. J'ai suffisamment travaillé mon sujet en amont pour que les enregistrements se fassent en trois prises et sans complications de mise en œuvre. Parmi mon cheptel de guitares, il en est deux avec lesquelles j'ai développé de vraies « intimités », et je n'enregistre que ces deux-là, sans passer par mon pédalboard, juste en prélevant le son très propre de mon ampli Carlsbro. Je branche, je joue. Je raffine ou détériore le signal ensuite, s'il y a lieu. Je suis assez content de ça.
Par contre, pour le chant, il a fallu que je change mon fusil d'épaule. Avec un matériel moyen, mais à ma main — préampli, micro statique et casque fermé —, j'ai cru optimiser mes chances en choisissant comme cabine de prise mon cagibi, qui est tout petit et mitoyen de trois cagibis voisins très peu passants, en haut, en bas et sur un des côtés. La pièce est minuscule, réduite encore par une penderie fournie et une étagère de vêtements sur lesquels j'ai installé des mousses acoustiques amovibles. J'y tiens tout juste debout devant un micro statique lové dans un bouclier acoustique, et l'espace est clos par un rideau lourd. L'ordinateur et la carte son sont embarqués sur une desserte, que j'appelle R2D2, que je peux rouler loin de la sensibilité de mon micro. Et ça marche, mais…
1.	C'était compter sans l'étuve de saison et l'impossibilité d'avoir le secours d'un ventilateur, sinon entre deux prises. Je ne suis déjà pas un bon chanteur, et je le suis moins que jamais avec une voix fatiguée. 
2.	Et ça, j'aurais dû l'anticiper : dans l'espace restreint de mon cagibi, les fréquences basses stagnent dans les coins et rendent un son sourd, étouffé, qu'il faut réénerver avant le mixage. 
 
Ces bévues-là ont donné Voilà c'est ça.
J'assume, mais surtout je suis au début d'apprendre : pour une bonne séance d'enregistrement vocal, il faut surtout avoir fait tourner son chant, son texte, bien des fois pour aller chercher les bonnes intentions et les nuances ; il faut aussi avoir sa voix au casque comme on l'aurait dans sa tête, et une bande-orchestre minimale qui fasse juste écrin et tuteur de la performance.
Ça ira, ça ira.

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