Nucingen

Nucingen

Lecture passée presque trop vite de « La maison Nucingen », un de ces courts récits que Balzac a commis pour faire des liens logiques et temporels entre ses grands romans, pour entrer dans les détails d’un destin dont on n’a que des vues arrêtées et très divergentes d’une époque à l’autre de sa grande œuvre qui charrie comme un cheptel nombres de personnages récurrents. En l’occurrence on a ici décrite, avec le brio comptable du Maestro, la fulgurante accession à la fortune du baron de Nucingen dans une époque de troubles, mais aussi d’industrialisation et de spéculation sans freins. Les évènements narrés sont contemporains à peu de choses près de ceux du « Père Goriot » et l’on retrouve en plus de Nucingen, Rastignac, et le gout de Balzac pour les conversations de table et les lois intraitables de l’argent.

Cette lecture fait écho à une conférence de Gérard Gengembre, Balzacologue émérite qui disait que la lecture de l’œuvre complète pouvait faire toute la vie d’un homme entêté tel que lui, mais que si on voulait en avoir une idée un peu nette, il convenait de lire d’abord et dans cet ordre-là « Le père Goriot », « Illusions perdues » et « Splendeurs et misères des courtisanes », et que les autres romans et récits de La comédie humaine trouveraient ensuite leurs justes positions entre ces trois repères là. Ce petit livre en atteste. Et le fait est que si les deux derniers volumes-repères se suivent de près, l’un se terminant à l’ instant où l’autre commence, « le père Goriot » qui remonte à plus loin est le livre où se noue quasi tout ce que les deux autres dénouent. Et pas que pour Nucingen…

Un régal de demi-entêté.

La conférence de de Gérard Gengembre : https://www.youtube.com/watch?v=QL82hBTjDEA

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