
Re-bachotage
Je suis arrivé à ce grand âge où l’on ne gagne pas spécialement de temps à lire enfin la « recherche du temps perdu » (grmpf…) et où l’on relit. Depuis deux ans à peu près un livre sur six ou sept est une relecture, souvent très déçue, mais d’autre fois quasi de l’ordre de la révélation. J’ai enchaîné il y a peu deux classiques qui furent au programme de mon bac de Français naguère et dont le souvenir était par là dans des nuances de gris des leçons apprises. Deux maitres incontestés, l’un officiellement disciple de l’autre. L’un et l’autre méritant plus et mieux qu’un de mes post-its sommaires, des volumes et des volumes d’analyse et d’hagiographie… et d’ailleurs les ayant massivement suscités.
Or donc :
Madame Bovary n’a pas pris une ride, moi oui, et je constate qu’avant le gâtisme, l’aigreur me guette parce que je goûte décidément aussi peu le Flaubert romancier que j’admire le correspondant et le démoralisateur. Flaubert prend ses personnages de haut et avec des pincettes, on le comprend vu l’échantillon, mais à l’arrivée qu’attendre de la narration d’une situation inepte vécue par des personnages ineptes ? Beaucoup de réserves quant à moi. Reste le style ? Oui, mais ce n’est pas censé être un reste.
J’aime mieux le disciple Maupassant même si son Bel ami nous expose à un beau cheptel de gens sans moelle et sans face. Son Georges Duroy en premier qui est un Rastignac sans envergure ni amour-propre. La psychologie et la plume de Maupassant ne sont pas tenues de faire école et sont plus relâchées et permissives. Plus partageuse aussi. Et puis il y a dans cette chronique un peu rance, le portrait d’une femme libre et intelligente, et qui éclate les coutures de son emploi dans l’intrigue : Madeleine Forestier. Un peu de lumière… J’ai aimé Bel Ami pour elle.






