
J’ai failli m’extirper de mon cher XIXème siècle, mais je me suis arrêté sur le trait. Le « journal d’une femme de chambre » est daté de 1900 tout pile et fait un peu la jonction entre les audaces des deux siècles, dans un décadentisme plus qu’ambiant : incarné. Ce qu’on voit de l’époque depuis le point de vue des cuisines et des dépendances, c’est la vilénie tordue et crasse de la moyenne bourgeoisie, son charme discret et sa dépravation hautaine. Mais aussi l’état de non-droit d’alors, ses impasses, son hypocrisie reconduite.
Ce qu’on voit de la vie de soubrette est intenable, quand même c’est narré dans la gouaille presque trop rigolarde de Célestine, son fatalisme acquis à coups dans le ventre, et son indécrottable tempérament fleur bleue. Par quoi passaient-elles, ces jeunes femmes de la « domesticité », roulées comme des pierres dans les lubies des maitres et des conventions ! Ça va aussi loin dans le sordide que le « Germinie Lacerteux » des Goncourt, avec la même absence de complaisance, ça va donc trop loin et jusqu’à la fin qui ne rattrape rien.






